W.A.MOZART

" Une Soirée chez les Jacquin "
Gilles Thomé,clarinette
Ensemble 415 chiara Banchini,
Sandrine Piau, Valérie Gabail, Frédéric Caton
A.Schoonderwoerd, M.Spany
L'Harmonie Bohémienne

Chers amis / Dear Friends
Zig-Zag a changé de site / Zig-Zag changed its website

Please go to

 



ZZT990701.2

 







Livret...



 


W.A.MOZART (1756-1791)

Esquisse du concerto KV 621b en sol maj
6 notturni KV 549,346,436,437,438,439
Trio des quilles KV 498 en mib maj
Sonate à 4 mains KV 512 en ut maj
Terzett "Liebes Mandel, wo ist's Bandel?" KV441
Esquisses pour clarinettes,cors de basset,basson
Canons "Ach zu kurz"KV228, Bona Nox KV 561


La Famille Jacquin et Mozart Extraits

W.A. Mozart fréquenta les soirées organisées par Nikolaus Joseph, baron von Jacquin (1727-1817), célèbre botaniste de Leyden, professeur de chimie à l’Université de Vienne et frère maçon. W.A.Mozart dut y passer des heures délectables à expérimenter diverses combinaisons sonores avec le clarinettiste et ami Anton Stadler, avec Constance Mozart, Caroline Pichler et avec les enfants Joseph Franz (1766-1839), Gottfried (1767-1792) et Franziska (1769-1850) à qui sont destinées plusieurs des pièces enregistrées dans ce disque...

Une profonde amitié se développa entre W.A. Mozart et l’ensemble des membres de cette famille éclairée et ouverte de Vienne. Voici quelques éléments biographiques au sujet des Jacquin.
D’origine française, la famille Jacquin vécut à la Martinique puis s’installa en Hollande où le père de Nikolaus possédait une grande draperie et une usine de velours. Après des études classiques de grec et de latin à Anvers (1744), Nikolaus est initié à la botanique par son ami Théodor Gronovius, disciple de Karl von Linné. Il entreprend des études de sciences naturelles, chimie et médecine à Leyden, puis à Paris et Rouen.
En 1752, un ami de longue date de la famille Jacquin, Gérard van Swieten, le médecin personnel de l’impératrice Marie Thérèse lui demande de venir terminer ses études à Vienne. L’Empereur Franz Ier remarque son intérêt pour la botanique et le charge d’établir en 1753, un registre des plantes du jardin botanique de Schönnbrunn selon le système novateur de Linné. Devant la qualité et l’enthousiasme de son travail, l’empereur le charge en 1755 de la direction d’une expédition pour explorer les îles des Indes Occidentales (Antilles). Après avoir été fait prisonnier et avoir failli être victime de la fièvre jaune, Jacquin ramène à Vienne en 1759, 50 caisses de curiosités zoologique et botanique pour la collection impériale. Conseiller des mines et professeur de chimie et de minéralogie à l’académie de Schemnitz en Hongrie en 1763, il est nommé par Marie Thérèse en 1768, professeur de botanique et chimie à l’université de Vienne. Il enrichit les 2 jardins botaniques de Vienne (celui de l’université rue Rennweg et celui du château de Schönnbrunn).

Nikolaus Joseph acquit une renommé internationale, Karl von Linné donne son nom à une plante : " Jacquinia ", l’Université de Vienne le désigne en 1809 comme Rector Magnificus, en 1774 Marie Thérèse l’annoblit et Franz II le décore en 1806 avec l’ordre St Stéfan et l’élève au rang de baron. Il laissera deux œuvres de botanique importantes " Hortus Vindobonensis, Hortus Schoenbrunnensis ".Il meurt le 26 octobre 1817. Le 9 juin 1818, l’université de Vienne organise une commération en son honneur, Leonard Posch (également créateur du relief en cire 1788 et en buis 1789 de W.A. Mozart) décore son buste de fleurs scientifiquement répertoriées par Jacquin ainsi que de la fleur Jacquinia. L’orchestre de l’Université interprète le Requiem de Winter.

Son fils aîné Joseph Franz révèlera très tôt le même goût pour la botanique. A 11 ans, il écrit une dissertation zoologique qui fut imprimée en 1788. Bénéficiant d’une excellente éducation, il fait un voyage d’études payé par l’empereur Joseph II en Allemagne, Hollande, Angleterre et France. Il projetait également de partir pour les Antilles, l’agitation politique française le détourne vers l’Italie. Franz II le déclare adjoint de son père en 1793. Jospeh Franz est élu professeur de botanique et de chimie en 1797 lors de la démission de son père. Il publie de nombreux travaux scientiques en Autriche et à l’étranger, il écrit également des traités de physique... En juin 1812, les étudiants organisent une fête musicale en son honneur. L’ouverture d’Anacréon de Cherubini, le concerto pour piano de Dussek, une cantate de Mosel y sont interprétés. Il gère également le jardin botanique de " Rennweg " et en 1819 le jardin a doublé de taille. Conseiller du gouvernement de Basse-Autriche en 1820, il reçoit l’ordre de St Stéfan, puis la croix de chevalier de l’ordre des Danebrogs du roi du Danemark, et en 1836 l’ordre Wladimir classe 4 du Tsar Nicolas 1er. En 1834, l’empereur lui confère la surveillance générale du " Jardin pour la flore autrichienne " au belvédère. En 1839, Joseph Franz disparaît et laisse sa femme Maria Barbara von Natorp et sa fille Isabella, mariée à un conseiller de la cour et directeur du cabinet d’histoire naturelle impérial : Carl Ritter von Schreibers.

Ces deux savants aimaient avant tout la compagnie et leur maison proche du jardin botanique " Rennweg " représentait le centre d’un cercle de savants et artistes. " ... Si les savants recherchaient surtout la compagnie du père et celle de son fils aîné, Joseph Franz ... les jeunes, eux, se réunissaient autour de sa sœur Franziska et du fils cadet Gottfried, qui par son esprit éveillé et cultivé, ses dons remarquables pour la musique et sa belle voix, formait le centre des joyeuses réunions du mercredi soir. Et tandis que les ainés engageaient des joutes savantes dans le bureau du chef de famille, la jeunesse musicale badinait et s’amusait à merveille ." nous relate Caroline Pichler dans ses " Souvenirs (1844) ". Franziska était une pianiste parmi les meilleures élèves de W.A.Mozart.

….

Ces questions de paternité soulignent la profonde confiance et générosité qui existaient entre Wolfgang Amadeus Mozart et Gottfried von Jacquin, cristallisant une créativité Mozartienne exceptionnelle. Ces œuvres nous paraissent venues d’une intimité profonde et sont un véritable éblouissement intérieur.

Sylvie Brély pour Zig ZagTerritoires