
Le clavicorde daprès Hubert, 1772
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Joseph
Haydn (1732- 1809)
- Sonate en si min Hob XVI n°32
allegro, menuet, Finale,Presto
- Sonate en sol min Hob XVI n°44
moderato, allegretto
- Sonate en do maj Hob XVI n°48
andante con expressione, Rondo-Presto
- Sonate en do min Hob XVI n°20
Allegro moderato, Andante con moto, Finale allegro
-Sonate en si b maj Hob XVI n°41
allegro, allegro di molto
- Sonate en ré maj Hob XVI n°42
allegro con expressione, vivace assai
Enregistré en Suisse Waldenburg par Pere Casuleras - octobre
1993
Clavicorde - Thomas Steiner.
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Sonates
de Haydn
Lampleur et la nouveauté, aussi bien expressive que technique,
des sonates composées par Haydn à partir de 1765 témoignent
dune évolution spectaculaire dans sa production pour
clavier. Est-ce en raison de leur difficulté que plusieurs
restèrent une vingtaine dannées dans les papiers
du compositeur avant dêtre publiées ?
Malgré son lyrisme intime et mélancolique et sa limitation
à deux mouvements de tempo modéré, la sonate
en sol mineur (Hob. XVI : 44), composée au plus tôt en
1771, est un exemple de ces pages destinées davantage aux connaisseurs
quaux amateurs, pour reprendre la distinction de
Carl Philipp Emanuel Bach. Sans alléguer linfluence directe
de ce dernier, une certaine communauté dinspiration se
dégage du mélange dimprovisation expressive (selon
lesthétique du sentiment ou Empfindsamkeit)
et de rigueur contrapuntique (Moderato initial), ainsi que du recours
à la reprise variée, dans un cadre formel à la
fois souple et extrêmement élaboré (Allegretto).
Dans les années 1760, les oeuvres du maître de Hambourg
commencèrent à être largement diffusées
à Vienne, et Haydn lut certainement son Versuch über die
wahre Art das Clavier zu spielen (Essai sur la véritable manière
de jouer des instruments à clavier), dont la seconde partie,
publiée en 1762, est justement consacrée aux techniques
dimprovisation et de variation.
Haydn ne confia à léditeur viennois Artaria sa
sonate en do mineur (Hob. XVI: 20) que neuf ans après sa composition,
située en 1771, comme sil avait souhaité attendre
lartiste le plus digne de se la voir offrir. Les soeurs Caterina
Franziska et Marianne von Auenbrugger, pianistes viennoises dont il
nhésitait pas à écrire que leur jeu
et leurs qualités musicales sont dignes des plus grands maîtres,
furent les dédicataires dun recueil fermé par
la sonate en question, présentée comme la plus
longue et la plus difficile. Cette page, dès le premier
mouvement, illustre lesthétique Sturm und Drang (tempête
et emportement) : des séries de croches enchaînent
des piani sur les temps forts à des forte sur des demi-temps
faibles, et de multiples silences ménagent des effets de suspension.
Luvre, qui se développe selon un crescendo dramatique
(lAllegro final est le plus long des trois mouvements), réinterprète
la forme sonate en introduisant une dissymétrie entre les vastes
expositions et les développements paradoxalement
plus concis...
Sylvain
Cornic
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Le clavicorde utilisé pour cet enregistrement est la copie dun
instrument de Christian Gottlob Hubert, daté de 1772, qui fait
partie de la collection dinstruments à clavier historiques
de Bad Krozingen en Allemagne. Il a été construit par
Thomas Steiner à Bâle en 1992.
Christian Gottlob Hubert nait en 1714 à Fraustadt (Wschowa),
Pologne. En 1740 il sinstalle à Bayreuth, après
avoir été nommé organiste et facteur dinstruments
à la cour du Margrave, Prince de Bayreuth. Par la suite, il accompagne
la cour quand celle-ci déménage en 1769 à Ansbach,
et reste dans cette ville jusquà la fin de sa vie. En 1786
lhistorien Johann Georg Meusel écrit dans son journal Miscellaneen
artistischen inhalts: Quand le voyageur averti se trouve à
Ansbach, il prendra le soin de faire la connaissance de Hubert, facteur
dinstruments renommé. Hubert est très connu pour
ses klaviere (clavicordes) durables, et pour ses piano-fortes. Tous
ont la plus belle sonorité. Hubert a toujours dans son atelier
des exemples variés de son travail: chaque instrument est dun
dessin particulier et dune construction astucieuse. Cest
un très petit homme, dun caractère noble et tranquille,
bien que plutôt têtu, et avec un fort tempérament.
Il accomplit son ouvrage avec une précision extraordinaire....
Hubert meurt en 1793 à Ansbach.
Les instruments de Hubert qui existent aujourdhui justifient pleinement
lappréciation de Meusel. Dix-sept clavicordes ont été
signés par Hubert, ou peuvent être attribués avec
certitude à son atelier. Trois dentre eux sont du type
dit non-liés (une paire de cordes correspond à
chaque touche); ils datent de 1771, 1772 et 177(9?). Ces instruments
ont en commun des dimensions relativement réduites, une bande
de cordes étroite, et des leviers de touche courts, dont les
tangentes touchent les cordes près de leur point dattache.
Les cordes sont donc moins élastiques que celles des grands clavicordes
de lécole de facture du nord de lAllemagne (par exemple,
ceux de la famille Hass). En conséquence, au moment où
la corde sonne et où les touches atteignent leur enfoncement
maximale, le musicien éprouve une sensation plus importante de
maîtrise de son instrument que quand il joue un clavicorde du
type Hass. Ce toucher ressemble plutôt à celui du piano-forte.
Ces clavicordes sont très sensibles et réagissent au plus
subtil toucher. Ils offrent une large palette, aussi bien de nuances
que de sonorités.
Létendue de ce clavicorde non-lié est de cinq octaves
(FF-f3). Il possède deux cordes pour chaque touche. Il a été
accordé dune façon inégale (Valotti, La 415
Hz) avec six quintes pures.
© Thomas Steiner, 1999
Traduction: Marcia Hadjimarkos
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