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Point sur le concours international de Bruges :

http://www.ramifications.be/Interviews/rannou.htm

Sortie JS BACH- Suites Françaises – Blandine Rannou Avril 2002

Le Monde – Dimanche 28 avril 2002- Renaud Machart
« Il y a quelques mois, la jeune claveciniste française Blandine Rannou n’était connue que du public spécialisé de la musique ancienne, et plus volontiers encore de ceux qui l’entendaient dans le rôle discret mais déterminant du continuo, notamment au sein de l’ensemble instrumental Il Seminario musicale, au côté de l’alto Gérard Lesne. Mais depuis l’intégrale de la musique pour clavier de Jean-Philippe Rameau qu’a éditée le petit label Zig-Zag Territoires, les curieux savent qu’il faut compter avec un nouveau nom, un nouveau ton. Les Rameau de Blandine Rannou étaient fondamentalement différents de ce que la discographie nous a légué, depuis Marcelle Meyer au piano : larges, respirés, repensés au miroir d’une influence chorégraphique sublimée plutôt que subie. Ses Suites Françaises, de Bach, empruntent le même chemin, calmes, simples, d’une grande évidence poétique et structurelle, bellement phrasées à partir des lignes de basses. Blandine Rannou après avoir beaucoup réfléchi – et l’avoir fait savoir dans son texte d’accompagnement – a mis de côté sa réflexion pour laisser parler son cœur et chanter ses doigts. Le résultat est superbe, étonnant de maturité, et place cette version nouvelle dans les régions les plus estimées de la discographie.

Le point 3 mai 2002:
Suites Françaises, de Bach. Baroque ? Certes, mais désormais d'une pureté, d'une absence de manières qui laissent à nu la beauté sublime du discous. Plus rien de cherché dans le ton et l'ornement. La simplicité. Blandine Rannou est la bienvenue, nouvelle vestale de ce clavecin indémodable. André Tubeuf

ffff Télérama 30 avril 2002 - Gilles Macassar :
...
entre "l'allemande" initiale et la "gigue" finale, quatre ou cinq autres danses stylisées déroulent le programme chorégraphique de la "suite" - la vertigineuse "courante" à la grave "sarabande", en passant pourpar la "gavotte" et "menuet" mondains, ou "bourrée" rustique. Et Bach semble plier son contrepoint aux rebonds d'un récit imaginaire, aux entrechats d'une intrigue secrète. Ce pas de deux entre danse et rhétorique est magistralement mené par une jeune claveciniste étoile, Blandine Rannou. Son partenaire est lui aussi d'exception : la copie d'un clavecin Ruckers-Hemsch du XVIII". Un bain de jouvence.

Diapason d’or – Mai 2002- Philippe Ramin

Blandine Rannou se mesure au père fondateur avec les moyens que son intégrale Rameau laissait présager. Très justement, elle cherche par la danse et le beau chant la route des Suites françaises qui, plus que les autres cycles du Cantor, font chanter le clavecin sans le rattacher forcément à un imaginaire orchestral. Matière de clavier, son de clavier, univers de clavier, même, tant l’écriture semble idéalement prévue pour animer l’intimité du plectre et de la résonance – d’où l’omission des préludes et la multiplication des danses intermédiaires, Anglaises, Polonaises, Airs et Bourrées, humanisant le cadre des suites par une recherche formelle toujours remarquable. Cette profondeur, cette humanité, Blandine Rannou les atteint avec la précision du grand acteur ; on trouve autant de finesse et d’émotion dans les menuets de la Suite n°1 que dans l’admirable sarabande de la Suite en mi, autant de grandeur dans la Gigue en ré que dans le dépouillement de la Sarabande en si. La simple évidence du discours, obtenue par une technique souveraine, apporte une universalité plus précieuse que le discours volontiers austère prisé par certains interprètes de Bach. Il faut dire que sa copie d’un Ruckers-Hemsch est une perle rare (en outre merveilleusement captée), traduisant la courbe puissante des courantes avec autant d’autorité que la lenteur éloquente de l’Allemande en mi bémol. Si Rameau avait trouvé sous ces doigts la profondeur étonnament polyphonique du Cantor, celui-ci se pare de la mélancolie tendre et grave du Français ; il lui emprunte la quintessence d’une caractérisation des affects liée aux figures de la danse, à la sensualité de l’harmonie.

LIBERATION - 28 Juin 2002 - DAHAN Eric

C'est déjà l'été, et Bach et Mozart - y a-t-il compositeurs plus solaires ? - reprennent leurs droits. Après son coffret Rameau qui envoûta l'été dernier, la claveciniste française Blandine Rannou concourt cette année avec Bach. Autant le dire d'emblée, cet enregistrement - pour son approche scrupuleuse, sa prise de son fantastique et son exigence de clarté et de lisibilité hors pair - est exceptionnel. A tel point qu'on croit par moments entendre les enregistrements de Bach par Wendy Carlos au synthétiseur Moog dans les années 70, tant le travail sur le son de l'instrument, la rigueur du toucher, semblent au diapason d'une analyse profonde et d'une haute compréhension des oeuvres. Le paradoxe de cette lecture dansante et pourtant abstraite est de rendre Bach encore plus pop et tubesque, ce qui est déjà une heureuse surprise. Mais on a le droit de préférer des lectures moins tendues. Il y a incontestablement des clavecinistes et des pianistes plus proches de cet équilibre entre l'âme et les sens, qui demeure pour beaucoup l'idéal d'interprétation de Bach.

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