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MM Anderson et Attali annoncent la gratuité de la musique, c’est d’oublier qu’il y a autre chose que le web, la radio et les ipod et qu’un temps personnel, intime sera toujours désiré et essentiel pour rester des êtres sensibles, ouverts aux autres
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MARC MONNET Bosse, crâne rasé, nez crochu Épaule cousue, bouche ouverte, cœur fendu Ensemble Court-Circuit, Direction Pierre André Valade Dimitri VASSILAKIS, Géraldine DUTRONCY, piano,Tedi PAPAVRAMI violon, Daniel GLOGER contre-ténor IMAGINARY TRAVEL, François Frédéric Guy piano et Thierry Coduys informatique musicale L’année dernière Marc Monnet avait dévoilé au public du festival du printemps des arts de Monte-Carlo, des œuvres Bosse, Epaule destinées au Ballet de Monte-Carlo et une création d’une œuvre pour piano et électronique Imaginary Travel suscitée par les photos de WIms Wenders prises à l’occasion de son film PARIS_TEXAS
Trois pièces, deux concertantes, une soliste, les trois avec électronique.
Bosse, crâne rasé, nez crochu fût créée en 2000 au Centre Beaubourg (commande de l’IRCAM - Centre Georges Pompidou ) Épaule cousue, bouche ouverte, cœur fendu, fut créé en 2009 commande des Ballets de Monte-Carlo à l’Auditorium Rainier III à Monaco Imaginary Travel fut créé en 1996 (Centre Georges Pompidou)
Entre Imaginary Travel et Épaule cousue, bouche ouverte, cœur fendu, treize années les séparent. Pourtant le traitement électronique est complémentaire dans les trois pièces. Autre particularité, Imaginary Travel pour piano sera la première œuvre pour piano après La Joie du gaz devant les croisée qui date de 1980. Soit un retour au piano seize années après la première pièce pour piano.
Dans Bosse, crâne rasé, nez crochu et Épaule cousue, bouche ouverte, cœur fendu on constate deux pièces d’ensemble (presque la même instrumentation), avec une volonté d’œuvre concertante mais par sous forme de concerto. Au contraire, Bosse, crâne rasé, nez crochu est “découpée” en mouvements pour deux pianos solos (et électronique) et des mouvements pour ensemble et piano concertant (avec également électronique). Dans Épaule cousue, bouche ouverte, cœur fendu il s’agit de pièces sous forme d’intermèdes pour violon solo et des pièces d’ensemble. Dans les deux cas, il s’agit de pièces assez longue ( Bosse, crâne rasé, nez crochu (45’) et Épaule cousue, bouche ouverte, cœur fendu (30’). Imaginary Travel est “inspirée” par des photos de Wim Wenders, sans pour autant à aucun moment en être l’illustration. Il s’agit de huits mouvements très divers, (Safeway, The cowbelles, Flammable, Landscape, Between, Lovely Louise, Interior, Hot springs). L’électronique est diffusée en “mono” avec un haut parleur sous le piano. Il ne s’agit en aucun cas de jouer de phénomène qui paraissent gratuits de spatialisation, mais au contraire de créer un maximum d’illusion entre le “vrai” son et le “faux” son. Imaginary est un voyage imaginaire...
Chatouiller et non pas agresser ou manipuler : Marc Monnet dialogue avec un auditeur qu’il n’a pas préalablement assujetti. Jamais naïf, ce dialogue ne procède pas d’un mécanisme qui déraille ou d’un organisme qui claudique : pensé, avec virtuosité et en plein sérialisme triomphant, par Luc Ferrari au tournant des années 1960, ce processus suppose un langage harmonique stable même s’il est déprécié car défunt depuis Debussy : la tonalité. Conçu quinze ans plus tard, au milieu des années 1970, le « dialogue selon Monnet » surgit d’une critique mordante de la postmodernité, laquelle ment lorsque, sottement ou cyniquement, elle proclame la souveraine liberté du créateur puisque, simultanément disponibles, tous les langages musicaux seraient désormais légitimes. Marc Monnet n’a pas de langage musical propre mais des stratégies d’écriture ; il ne conçoit pas de forme mais des dispositifs. Aussi, pour organiser chaque composition, il disperse, étale et propage, avec une lenteur amusée, les idées qui l’ont déclenchée. Ainsi un lien au politique se dévoile-t-il : Marc Monnet pose un regard anarchiste (ne règne ici ni autorité symbolique surplombante et ni délégation de pouvoir consentie à une police du goût) sur le dispositif de chaque œuvre. Agissant à l’opposé d’une forme, chaque dispositif est mobile, instable et dépourvu de limites fermes tant il est sujet à des éruptions et à des séismes locaux. Les énergies qui l’animent résultent de la béante tension entre deux types de plaques tectoniques (l’intime et l’extime) qui se toisent, conviennent de paix armées ou se déclarent la guerre. Le jeu selon Monnet ...
Frank Langlois
La musique de Marc Monnet fait la part belle à l’humour, corrosif ou jubilatoire. Mais les oeuvres de cet indépendant formé au contact de Mauricio Kagel ne brillent pas que par leurs traits d’esprit ; elles sonnent admirablement. Les trois oeuvres réunies dans ce programme tentaculaire ressemblent à des mines (patibulaire, si l’on en juge par le titre de deux d’entre elles) posées par le compositeur aussi bien derrière (tradition) que devant (modernité), à droite (acoustique) qu’à gauche (électronique). partout, l’écoute s’enrichit dans le doute et dans l’ambiguïté. Inclassable et paradoxal, Marc Monnet est un éclaireur qui jette le trouble. Pierre Gervasoni. - Le monde - Dimanche 25 avril 2010
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