|
CRITIQUES
DU DISQUE
"Histoire de la résurrection" Heinrich Schütz
On ne parvient pas à supporter la présence de vois
de femmes dans cette musique éminemment puritaine. Et pourtant
c'est ainsi: il n'y a plus de garçons chanteurs. Nous sommes
dépourvus de tout, comme en pleine guerre de Trente Ans. La ferveur
remplace ici la chasteté, et l'enthousiasme vaut peut-être
la contrition. En tout cas rien ne remplacera la pureté de trait
de Schütz, l'exactitude et l'économie de son geste musical.
Dans sa musique allemande, il presque oriental. (Dans l'italienne, c'est
une autre affaire). Jacques Drillon -
Deux coeurs - le Nouvel Observateur - 29 janvier 2003.
D'une fidélité scrupuleuse aux très nombreuses
indications d'interprétation dont Schütz parsème
son Histoire de la Résurrection, Françoise Lasserre sait
aussi se souvenir que cet oratorio s'inscrit dans le devenir d'une forme
née vingt-trois ans plus tôt à Rome, dans la mouvance
de la Contre-Réforme...C'est ce cheminement de latinité
qui introduit un ton nouveau dans une discographie dominée jusqu'à
présent par Bernius et Jacobs....Jan van Elsacker est un récitant
d'une intelligence aïgue, à la fois liturgiste né
et complice du dessein rhétorique et descriptif...très
intérieur, Jan van Elsacker trouve tout autant la vérité
de ce grégorien réinventé qui monte vers le ciel,
telle une offrande....
Point d'orgue, le plus rayonnant des Magnificat Allemand, où
les forces vives d'Akadêmia sont comme dopées par la spatialité
du double choeur qui tourne à la joute....Qui eût songé,
il y a seulement 10 ans que Schütz - wie Gott im Frankreich - serait
aussi heureux dans l'Hexagone ! - Roger Tellart - 5 diapasons - Février
2003 |